Je vis par mes désirs et meurs pour mes plaisirs.

J'existe dans ce corps et disparaît encore

Du présent qui se mire au passé sans gémir

Mes souvenirs implorent et ma mémoire explore.

         Je crée mon univers et détruis mes travers,

         J'impose les limites et libère les mythes.

         Je découvre la sphère et bannis Lucifer

         Qui conçoit le zénith de l'âme qu'il visite.

J'accepte mon destin mais refuse d'instinct,

Le sang expiatoire en condamnant l'histoire

Au reflet incertain d'un étrange pantin,

Se jouer du devoir pour gagner le pouvoir.

         L'infini est conté, mes saisons sont comptées,

         Le présent environne un passé sans couronne

         Demain tant convoité cesse de miroiter

         Quand l'homme fusionne au temps qu'il visionne.

Ainsi sonne le glas, et je vois au-delà

De ma chair au cercueil, un monde qui m'accueille.

D'une ombre sans éclat à l'espoir que voilà,

Mon âme se recueille aux lueurs qui me cueillent.