J'entends du monde la rumeur

Sur l'homme obscur et inconnu

Hantant la vie de son humeur.

Soumis aux murmures avenus,

Le tempérament sans contrôle

Joue la mesure du refrain

De l'être à la merci d'un rôle

Exercé dans un corps sans frein.

J'ai alors décidé d'apprendre

A travers mon reflet; plongeant

Au coeur de l'âme pour comprendre

Les raisons de l'être changeant.

La traversée m'entraîne au siège

Etrange des émotions,

Menant aux invisibles pièges

D'intrigantes perceptions.

La lune atteint les portes d'èbe

En mouvements réguliers,

Le flux semblant jaillir d'Erèbe

Epand les écluses oubliées.

La marée d'instants éphémères

Force les barrages d'émois

Pour révéler l'être sommaire

Sous un jour nouveau et sournois.

Bien qu'éveillé l'homme survole

L'existence, persuadé

Que sa volonté si frivole

Dirige un destin possédé.

J'ai découvert au miroir, l'homme !

Aussi lâche que courageux

Commun et capable de psaume

Tant de bonté dans l'ombrageux

Héros du grand Moi sans partage.

Son humeur livre ses secrets

Aux caprices d'une âme, otage

D'un monde avide et indiscret.